Les infos politiques de Béthune en temps réel.
Puisque les blogs de l'opposition sont étrangement muets voici un article de ce jour paru dans la Voix du Nord et dans Nord Eclair.
Nous avertissons nos lecteurs toutefois que nous respectons la présomption d'innocence :
Publié le vendredi 09 décembre 2011 à 06h00
Jacques Mellick et son ami Jean-Pierre Kucheida à la tête d'un système occulte? «Un fantasme», selon les deux hommes. La fédération PS 62 n'a plus la cote. La presse nationale s'est prise de passion pour ses petites histoires de famille. Arnaud Montebourg vient même de s'en mêler. Principale cible : Jean-Pierre Kucheida, député-maire de Liévin. Chez les socialistes du Béthunois, on préfère la justice à la rumeur. D'autres ne seraient toutefois pas contre un coup de balai.
PAR CHARLES-OLIVIER BOURGEOT
bethune@info-artois.fr
PHOTOS ARCHIVES SAMI BELLOUMI
ET DELPHINE PINEAU Après Le Point, le magazine Les Inrocks frappe à son tour à la porte de la « fédé » et se penche longuement sur les courriers que le prisonnier Gérard Dalongeville, ex-maire d'Hénin-Beaumont, a envoyés à la juge béthunoise Véronique Pair. Il n'a pas oublié de balancer ses anciens petits camarades de la rose : Jean-Pierre Kucheida, député-maire de Liévin, en tête, mais aussi Daniel Percheron et Jacques Mellick. « Un trio incontournable », écrit Les Inrocks qui rapporte que « selon Dalongeville, c'est à travers le réseau tissé par ces hommes sur la région pendant des décennies que s'est mis en place le schéma de financement occulte auquel il a participé et qu'il dénonce aujourd'hui ».
« Il n'y a pas de système occulte », coupe court Jacques Mellick. Joint hier, l'ancien maire de Béthune ne souhaite pas s'épancher davantage. « Je ne sais rien. » Il précise au passage qu'il n'a jamais été trésorier de la fédé, comme indiqué par Les Inrocks, mais le « n°2 de 1973 à 1988 » jusqu'à ce qu'il prenne des galons de ministre. Alors pourquoi ces noms alimentent-ils si souvent la rumeur ? « Y en a qui fantasme », dit-il, reprenant la défense de son « ami » Kucheida qui évoquait « l'imagination débordante » de Dalongeville.
« Puant »
Il n'empêche, alors que la police judiciaire se penche avec attention sur ce présumé « système », cette histoire écorne l'image de la fédé PS, du bassin minier en particulier. Pour les élus de la rose, la proximité de l'échéance présidentielle n'est pas un hasard. « C'est facile d'accuser les gens sans preuves. Ce sont des règlements de comptes puants. Au lieu de parler du fond, on parle de ces trucs-là. Les gens ont autre chose en tête », tempête Raymond Gaquère, maire de La Couture et conseiller général. Lui dénonce des « rumeurs, des on-dit ». « Il semblerait qu'on apporte beaucoup de crédits à M. Dalongeville, observe Michel Dagbert, maire de Barlin, on en remet une louche tous les jours. J'espère que ça ne sera pas comme ça jusqu'au mois de mai... » Daniel Boys, ancien premier adjoint de Mellick, s'étonne lui aussi que ça sorte maintenant. « Quand je suis arrivé au PS en 1996, ces comportements dans la fédé, on en parlait déjà. Les rumeurs, ça fait 15-20 ans que ça dure », dit un homme « qui attend que la justice nous dise s'il y a des faits délictueux ou des mis en examen. Si c'est le cas, je prendrai position et je condamnerai ».
Au-delà de ce présumé financement, on sent la lassitude d'un secteur montré du doigt. Boys : « Ce qui m'inquiète, dans tout ça, c'est l'image des socialistes qui est écornée, qu'on soit sali par des problèmes de ce type. » D'autres pensent dépoussiérage. « Ce qui est insupportable, c'est que les gens du congrès d'Épinay (1971) sont toujours là », pointe Thierry Tassez, maire socialiste de Verquin. Quant à Bernard Lévisse, militant béthunois, pas mellickien pour un sou, il n'a jamais caché son rejet du trio d'accusés. « Ça m'a surpris que ça ne soit pas arrivé avant », dit-il. « Le conseil fédéral, c'est la grand-messe, tout est décidé avant. Tant qu'ils n'auront pas viré Percheron, Kucheida, Mellick, ils n'arriveront à rien. Eux trois décident de tout. Le problème, c'est que tout le monde le sait, tout le monde le dit en catimini et personne le dit à voix haute. Ils sont là depuis plus de 30 ans. Il faut donner un grand coup de balai et redonner de la crédibilité au PS du Pas-de-Calais. »