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LA VOIX DU NORD D'HIER :
dimanche 01.04.2012, 05:07 - PAR CHARLES-OLIVIER BOURGEOT
Au-delà des problèmes béthunois, Stéphane Saint-André voit dans l'élection de François Hollande la première priorité. Investi par le PS au nom des accords nationaux avec le PRG, le candidat officiel Stéphane Saint-André se heurte au député sortant UMP, à son allié centriste à la mairie de Béthune et, surtout, à une gauche mellickienne bien décidée à le faire perdre. La parole à la défense.
1 « Les candidats du système Mellick ». La section Copernic soutient un duo de dissidents constitué des conseillers généraux socialistes Raymond Gaquère et Alain Delannoy. « Nous ne sommes pas dans une démarche politique mais dans un règlement de compte, observe Stéphane Saint-André. On a ici deux candidats du système Mellick qui ne sont pas là pour gagner mais pour me faire perdre. (...) Ils porteront la lourde responsabilité d'offrir à nouveau la circonscription à l'UMP. » Et de moquer ces deux élus qui « n'incarnent pas le renouveau, au même titre que Daniel Boys (candidat socialiste dissident) ».
Citant les deux dernières élections perdues par l'ancien ministre et la mise à l'écart rocambolesque de Corine Lherm, investie en 2007, Saint-André « regrette que Jacques Mellick ait relancé la machine à perdre ». « Et je regrette qu'il souhaite la réélection de député UMP », dit-il, persuadé - comme d'autres - qu'un pacte de non agression a été passé entre les deux anciens adversaires. « L'implantation de la nouvelle gendarmerie à La Couture aurait tendance à le prouver... » Si le maire du village doit tout à Mellick, selon Saint-André, « Alain Delannoy est le candidat habitué à la dissidence, candidat sur la liste de Jean-Louis Borloo aux régionales (en 1992), candidat contre le candidat officiel PS (Thierry Tassez, ndlr) aux cantonales ».
2 Flajolet : « Qu'il s'occupe de ses friches ». « Je n'ai jamais signé d'accord avec André Flajolet », se défend-il à nouveau. « Depuis que je suis élu, il a été sollicité comme il l'a été par tous les autres maires de la circonscription.
Et si parfois, il a répondu présent, il n'a fait que son travail de député. Alors qu'il s'occupe d'abord de ses friches à Saint-Venant, il y en a beaucoup. » Il jette néanmoins un bref coup d'oeil sur le bilan d'un député dont il moque la disparition du logo UMP sur les cartes de soutien. « Or, voilà quelqu'un qui a soutenu Nicolas Sarkozy, qui a voté toutes les lois de Nicolas Sarkozy... »
3 Le MoDem et l'éternel indécis. Hakim Elazouzi, porte-parole de la campagne de François Bayrou à Béthune, proche du 1e r adjoint Olivier Gacquerre, fustigeait récemment « l'improvisation permanente du premier magistrat ». Le maire n'a pas vraiment apprécié le tacle. « Ce qu'il prend pour de l'improvisation permanente est en fait de l'extrême prudence », lâche-t-il, se disant avant tout soucieux de la maîtrise des dépenses, de la pression fiscale et du portefeuille des Béthunois. « Les trois précédentes municipalités ont augmenté les impôts de presque 100 % », rappelle l'ex-directeur de cabinet de Bernard Seux s'étonnant que l'attaque vienne d'un partisan de Bayrou l'éternel indécis.
4 Avec Boys, « une entente cordiale ». Hormis une pique sur le bilan qu'il partage avec Mellick - « à un moment donné, on ne peut pas faire semblant » -, Stéphane Saint-André se montre moins offensif avec le candidat PS dissident qui se situe à peu près aussi haut que lui sur la liste noire de l'ancien ministre. « Au demeurant, l'entente avec Daniel Boys et moi est cordiale, même s'il n'y a aucun accord entre nous. », dit-il sans doute conscient qu'il aura besoin d'alliés pour le 2e tour. Car les voix des socialistes du courant mellickien ne se reporteront pas sur lui. Il le sait. La remarque est aussi valable pour l'ancien conseiller régional.