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Puisque des questions se posent à ce sujet nous publions ci dessous un article récent de la Voix du Nord reprenant les questions, critiques et les réponses du député maire :
« Stéphane Saint-André parmi les 50 députés les moins présents de l’hémicycle.» Le communiqué que l’UDI de Béthune a publié le 2 septembre est un brin tapageur. Hakim El Azouzi y dénonce « la politique par le mensonge» du député de la 9e circonscription et pose opportunément la question, six mois avant les municipales : « Comment peut-il continuer à justifier le cumul des mandats ? »
À l’appui de sa thèse, l’UDI cite le site nosdeputes.fr, créé par Regards citoyens. Cette association, fondée en 2009, entend proposer un outil « pour mieux appréhender le travail, pas forcément perceptible, des parlementaires».
Un « graphe temporel » résume l’activité parlementaire de chaque député sur les douze derniers mois, en se basant sur douze critères : nombre de semaines d’activité, de réunions et interventions en commission, d’interventions longues et courtes dans l’hémicycle, d’amendements signés et adoptés, de rapports écrits, de propositions écrites et signées, de questions écrites et orales.
Pour les cinq premiers critères, Stéphane Saint-André figure parmi les 150 derniers – et non 50 comme l’affirme l’UDI.
« Nos sources sont le Journal officiel et le site Internet de l’Assemblée nationale, précise Tangui Morlier, cofondateur de Regards citoyens. Nous nous basons uniquement sur des critères officiels et valables pour tous les parlementaires. » Exitdonc les résultats des scrutins publics car cette donnée n’est pas publique.
Autre écueil, et non des moindres, la présence dans l’hémicycle des députés n’est pas relevée officiellement. « On est incapable de la détecter. C’est un indicateur pas fiable, qu’on ne publie pas. »
Le site propose en revanche de compter les semaines d’activité en pointant les présences en commission et les interventions dans l’hémicycle. Tout en invitant les internautes à consulter les fiches personnelles de chaque député « avant de faire des jugements hâtifs uniquement fondés sur la synthèse».
Pour Stéphane Saint-André, si l’intention de nosdeputes.fr est louable, le résultat peut s’avérer dangereux. « Je vois bien en commission que certains collègues reposent sous une autre forme une question qui a déjà été posée pour être comptabilisés. »
Agenda en main, le député de la 9e conteste également les chiffres. Nosdeputes.fr le crédite de 23 semaines d’activité ? « J’étais présent 36 semaines.» Quant aux réunions de commission, « mon décompte est de 85 » là où le site l’a pointé 32 fois présent.
Il note au passage que si « les commissions des lois et des affaires sociales se réunissent toutes les semaines, ce n’est pas le cas de celle de la défense, où je siège».
Par ailleurs, seule la réunion du mercredi à 9 h donne lieu à la signature d’un relevé de présence. « Neuf réunions sont prévues la semaine prochaine. Si je suis absent mercredi à 9 h mais présent aux huit autres, je ne serai pas comptabilisé. » Bref, « le seul pointage sérieux, ce sont les questions écrites et orales ».
Heureux hasard, Stéphane Saint-André figure dans les 50 premiers pour ce dernier critère…
Reste que « le nombre de semaines d’activité est le critère que les gens vont retenir alors que c’est une donnée qu’on ne peut pas avoir». Stéphane Saint-André appelle donc l’UDI à éviter les raccourcis à double tranchant : « Leur chef de file, Jean-Louis Borloo ne totalise que 16 semaines d’activité sur le site, encore moins que moi. Et pourtant, je le vois chaque semaine ! »
Pour mesurer l’assiduité des députés en séance, « il faudrait qu’on pointe à chaque fois qu’on entre dans l’hémicycle. Il me semble que c’est ce qui se fait au Parlement européen». En attendant cette évolution, « pas forcément souhaitable parce qu’elle pourrait tourner au flicage », si vous voulez vous assurer que votre député est à
l’Assemblée, regardez la télé !
Dans leur communiqué, Hakim El Azouzi et l’UDI accusent Stéphane Saint-André d’avoir « retourné sa veste» en ne votant pas la loi sur le non-cumul des mandats déposée par le gouvernement. Alors qu’il avait signé la charte des valeurs de l’association Anticor, qui place le non-cumul au cœur de sa démarche de modernisation de la vie politique.
Le maire de Béthune et député de la 9e circonscription ne partage pas cette analyse. « J’ai applaudi la proposition de François Hollande de voter une loi de limitation du cumul des mandats. Mais il n’avait pas dit qu’un député ne pourrait plus être adjoint au maire d’un village de 40 habitants (la loi prévoit qu’on ne peut plus cumuler un mandat de parlementaire avec une fonction exécutive). En revanche, on pourra continuer à cumuler les mandats de député et conseiller général ou régional. C’est pour ça que j’ai voté contre. »
« Un vrai dilemme »
Stéphane Saint-André l’affirme, son groupe (radical, républicain, démocrate et progressiste) à l’Assemblée veut aller plus loin que la loi actuelle : « Nous voulons supprimer tout cumul d’indemnités, limiter le nombre de mandats dans le temps et prendre en compte les intercommunalités. J’ai d’ailleurs démissionné de mes postes de vice-président d’Artois Comm. et du SIVOM.» En revanche, il reste convaincu que les mandats de maire et député doivent rester cumulables, ce qui lui vaut les foudres de l’UDI et met à mal les tentatives de rassemblement de la gauche béthunoise.
Reste que la loi finira par passer et qu’il devra choisir entre Béthune et l’Assemblée. « C’est un vrai dilemme pour moi, les deux fonctions sont intéressantes. J’aime Béthune et le boulot de maire est passionnant. Si je peux exercer les deux fonctions jusque 2017, ça ne peut être que bénéfique pour Béthune. »
Mais les Béthunois sont-ils prêts à prendre le risque d’élire un maire pour trois ans en 2014 ? « Même si je choisis l’Assemblée, un maire n’est pas tout seul. Les électeurs votent pour une équipe et un programme. Quoi qu’il arrive, ma liste poursuivra son action : toutes les garanties d’application du programme existent. » Circulez, y’a rien à voir ? RU. MU.